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Le débat sur l'avortement relancé en Corée du Sud

le 1/2/2010 à 11h55  par Manuel Rambaud

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Des médecins anti-avortements commencent à s'élever contre les exceptions à l'interdiction de l'avortement en Corée du Sud et surveillent leurs confrères, tandis que les pro-avortement mettent en garde sur les effets néfastes de l'interdiction pour la société

Dans un pays où l'avortement est largement pratiqué, alors qu'il est prohibé, à quelques exceptions près, quelques voix commencent à s'élever, réclamant l'application systématique de cette interdiction. Parmi elles, celle du Gynob. Ce groupe de médecins obstétriciens, qui cherche à dissuader les femmes d'avoir recours à l'interruption volontaire de grossesse, a récemment fondé l'organisation « Pro-Life doctors ». Après avoir mis en place un numéro d'appel spécial permettant de signaler les cliniques qui effectuent des avortements, elle envisage désormais de dénoncer leurs confrères qui les pratiquent.

Deux logiques s'affrontent. D'un côté celle du Gynob, soutenu par les activistes chrétiens, qui considère comme immoral cet acte médical. De l'autre, celle des 4000 membres de l'Association coréenne des obstétriciens et des gynécologues, soutenus par les groupes féministes. Selon eux, interdire l'avortement sans s'attaquer à ses causes engendrerait de nombreuses conséquences néfastes, telles que des abandons d'enfants, des IVG pratiquées à l'étranger, ou encore, du fait de l'aggravation de la clandestinité dans laquelle elles seront pratiquées, l'augmentation des risques médicaux.

Mais, dans ce débat de plus en plus médiatisé, les critères de moralité et de santé publique laissent peu à peu apparaître de tout autres enjeux. Financièrement d'abord, les avortements permettent à nombre de praticiens d'arrondir leurs fins de mois. Facturé 340 dollars, un tel acte présente par ailleurs l'avantage d'être payé en argent liquide, puisque non remboursé par les assurances.

Pour les cliniques obstétriques coréennes, les avortements représentent bien souvent le seul moyen d'éviter la faillite. Car dans ce pays où le taux de natalité est passé de 4,5 enfants par femme dans les années 70 à 1,19 en 2008, les naissances ne font plus recette depuis longtemps. A tel point que nombre de cliniques ont réorienté leur activité vers les soins de la peau ou le traitement de l'obésité, beaucoup plus lucratifs.

L'autre enjeu est donc démographique, et préoccupe de plus en plus le gouvernement qui voit sa population vieillir. Aussi les autorités ont-elles commencé à mettre en place une politique nataliste, dont l'un des aspects concerne l'avortement. Depuis quelques mois, apparaissent sur les murs du métro des affiches affirmant par exemple qu'« en avortant, vous avortez du futur ».

Démographiesanté

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