La tension monte dans la péninsule coréenne, Pyongyang menace de représailles militaires
le 27/5/2009 à 19h32
par Harold Thibault (Aujourd'hui la Corée)
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La Corée du Nord a procédé à de nouveaux tirs de missiles. Elle menace Séoul de représailles militaires et ne se considère plus liée par l'armistice avec son voisin du Sud. La RPDC aurait relancé ses installations nucléaires de Yongbyon
La République Populaire Démocratique de Corée a fait savoir mercredi 27 mai qu'elle ne se considérait plus liée par l'armistice signé en 1953 avec la Corée du Sud. Pyongyang a également menacé Séoul de représailles militaires immédiates si la Corée du Sud interpellait ses navires, dans le cadre de l'Initiative de Sécurité contre la Prolifération (ISP). La Corée du Sud avait annoncé la veille sa pleine adhésion à l'SP, une initiative américaine prévoyant d'interpeller en haute mer les navires susceptibles de transporter des armes de destruction massive.
"Nos forces armées révolutionnaires, comme elles l'ont déjà dit, considéreront la pleine participation du groupe de traîtres (du président sud-coréen) Lee Myung-bak à l'ISP comme une déclaration de guerre à l'encontre de a RPDC" a expliqué l'Armée populaire nord-coréenne dans un communiqué. Ceux qui nous ont provoqués vont devoir affronter une sanction sans pitié et inimaginable poursuit le communiqué". Elle a également précisé qu'elle ne garantissait plus la sécurité des navires sud-coréens et américains au large de ses côtes.
La Corée du Sud a dit qu'elle répondrait à toute provocation de son voisin en mer jaune. "Si la Corée du Nord nous provoque, nous réagirons sévèrement" ont affirmé les autorités sud-coréennes.
Ces déclarations interviennent alors que la tension est montée d'un cran dans la péninsule coréenne ces derniers jours.
Lundi 25 mai, la RPDC avait procédé à plusieurs tirs de missiles et à un essai nucléaire sous-terrain. Un nouveau tir de missile d'une portée de 130 km a eu lieu mercredi matin en mer jaune, qui sépare la péninsule coréenne de la Chine.
Dans un communiqué, Pyongyang a par ailleurs remis en cause le "statut légal" de cinq îles sous souveraineté sud-coréenne depuis la fin de la Guerre de Corée en 1953 et où des incidents avaient eu lieu entre les marines des deux états en 1999 et 2002.
La presse sud-coréenne a par ailleurs révélé ce mercredi que des satellites américains avaient détecté des vapeurs et d'autres signes laissant penser que la RPDC avait relancé son usine de production de plutonium à utilisation militaire de Yongbyon, au nord de Pyongyang. La Corée du nord avait fait part de son intention de réactiver ces installations à la fin du mois d'avril alors qu'elle s'était engagée à fermer début 2007, dans le cadre des négociations à six.
L'escalade militaire a suscité la réprobation des Etats-Unis et de leurs alliés en Asie du Nord-Est ainsi que de la Chine.
Le nouvel essai nucléaire a été condamné par le Conseil de sécurité des Nations Unies comme une "violation claire" de ses résolutions précédentes. Une nouvelle résolution est en préparation mais des incertitudes demeurent sur son contenu, notamment sur l'opinion de la Chine et de la Russie sur la mise en place de nouvelles sanctions contre Pyongyang.
La Chine, allié traditionnel de Pyongyang, a fait part de son mécontentement vis-à-vis de l'attitude de Pyongyang. "Le gouvernement chinois est résolument opposé au fait que, ignorant l'opposition générale de la communauté internationale, la Répubique Démocratique de Corée ait procédé une nouvelle fois à un essai nucléaire" a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué, qui appelait également le dernier régime stalinien au monde à cesser toute action susceptible d'envenimer la situation.
Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a déclaré que la Russie était favorable à une résolution ferme au Conseil de sécurité des Nations Unis mais a refusé de "punir pour punir", afin de ne pas saper un peu plus le régime de non-prolifération nucléaire.
Son homologue français Bernard Kouchner a quant à lui estimé qu'il n'y aurait pas de projet de résolution des Nations Unies avant la fin de la semaine.
Le journal pro nord-coréen publié à Tokyo Chosun Sibo a d'ores et déjà prévenu que peu importe que le degré de pression, la Corée du Nord ne changerait jamais de cap.
Corée du NordCrise nucléaire avec le Nord
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