Barack Obama à Séoul pour parler Corée du Nord et libre-échange
le 18/11/2009 à 18h06
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Dernière étape de sa tournée asiatique, la visite en Corée du Sud du président américain est consacrée à des discussions sur le nucléaire nord-coréen et un accord de libre-échange que les Américains traînent à adopter.
Après le
Japon, Singapour et la
Chine, le président américain achève sa tournée asiatique par une étape d'une journée en Corée du Sud. Arrivé en Corée mercredi 18 octobre en fin d'après-midi, il doit s'entretenir, au cours de cette étape de 24 heures, avec le président Lee Myung-bak.
Cette étape se révèle plus simple que celle au Japon, où Barack Obama a dû faire face à la volonté du nouveau gouvernement de renégocier la présence de bases américaines sur son territoire, et en Chine, face à laquelle les sujets délicats, dont le protectionnisme et les droits de l'Homme, n'ont pas manqué.
Car Washington et Séoul sont de proches alliés de longue date. "La relation de sécurité Etats-Unis / Corée du Sud est forte et a beaucoup plus de points de convergence politiques que de divergences. Des progrès ont été faits pour transformer les relations militaires des deux pays en une alliance stratégique" explique dans une note Bruce Klinger, chercheur sur l'Asie du Nord-Est à la fondation conservatrice américaine Heritage. "Par exemple, l'annonce que Séoul enverra du personnel civil et militaire en soutien à la coalition en Afghanistan est une indication du fait que la Corée du Sud adopte des responsabilités internationales au niveau de ses capacités. Elle marque ainsi un contraste significatif face à la réticence du nouveau gouvernement japonais à faire autre chose que de fournir une aide économique" souligne-t-il.
Signe de cette proximité, les deux présidents devraient rappeler la concordance de leurs points de vue sur l'épineuse question du nucléaire nord-coréen, au sommet du menu des discussions. Le gouvernement de M. Obama a déjà évoqué un "package étendu" pour inciter Pyongyang à abandonner son programme nucléaire militaire alors que celui de Lee Myung-bak a parlé d'une "grande négociation". Deux expressions distinctes, révélatrices d'un léger manque de coordination, mais également d'une évidente proximité de vues quant à la démarche à suivre face au défi nord-coréen.
En Asie, M. Obama a d'ores et déjà évoqué la question coréenne lors d'entretiens avec le président chinois Hu Jintao à l'issue desquels il a déclaré : "Nous sommes d'accord sur l'importance de reprendre dès que possible les discussions à six", sans donner beaucoup plus de précisions. La Corée du Nord a quitté la table de ces discussions sur l'arrêt de son programme nucléaire militaire depuis avril et a demandé au début du mois d'octobre un dialogue bilatéral avec les Etats-Unis préalablement à leur reprise. Une exigence à laquelle Washington ne s'est pas montré totalement fermé et à laquelle Séoul ne s'est pas montré farouchement opposé. Barack Obama profitera de cette courte visite pour rassurer ses hôtes sud-coréens sur sa volonté de continuer à prendre en compte leurs préoccupations, avant que l'émissaire américain sur le dossier nord-coréen ne se rende à Pyongyang début décembre.
Barack Obama devra en revanche se confronter à un sujet plus épineux entre les deux partenaires : l'accord de libre-échange entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, établi il y a deux ans, mis en attente en Corée après d'importantes
manifestations l'an dernier contre le retour du boeuf américain sur les étals par crainte de la vache folle, et qui n'a toujours pas reçu l'aval du Congrès américain après l'avènement de la crise économique. S'il a été négocié alors qu'aucun des deux présidents n'avait encore pris ses fonctions, Lee Myung-bak, libéral sur le plan économique, ne cache pas son impatience de voir les Etats-Unis donner leur approbation finale au texte et n'entend pas renégocier une ligne d'un document qui a nécessité 16 mois de discussions.
Cette attente comporte un risque pour les Etats-Unis, celui de se voir voler la vedette dans ses relations commerciales avec la Corée par d'autres de ses partenaires, dont l'Union Européenne, qui
vient de signer un accord du même type. La chambre de commerce américaine en Corée du Sud fait valoir que ne pas adopter l'accord de libre-échange mènerait à une baisse des exportations américaines de plus de 35 milliards de dollars.
Gary Locke, secrétaire d'Etat au Commerce qui accompagne Barack Obama dans sa tournée asiatique a par le passé chanté les louanges de l'accord de libre-échange avec la République de Corée, mais il a également souligné que ce dernier passerait après l'agenda de politique intérieure du président.
Or ni Barack Obama ni la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, qui a suivi le président en Chine mais pas en Corée, n'ont dissimulé
leur opposition à l'accord du temps où ils étaient sénateurs d'états industriels, l'Illinois et New York, et se battaient pour remporter l'élection dans une Amérique en crise. Ils n'ont pas changé leur fusil d'épaule depuis leur arrivée au pouvoir et savent bien que les emplois comptent aujourd'hui plus que tout sur la scène politique américaine.
Crise nucléaire avec le NordcommerceUSA
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